le 16-02-09

Camille Pissarro

Né en 1830 à Saint-Thomas, dans une île des Antilles alors danoise – et aujourd’hui américaine –, Camille Pissarro vient faire des études à Paris avant de revenir travailler dans le magasin de son père. Mais il préfère l’art au négoce et, en compagnie d’un ami peintre, s’enfuit au Venezuela puis gagne à nouveau Paris en 1855. Là, il découvre Courbet, Ingres et Corot et, dans les ateliers où il étudie, rencontre Monet et les futurs impressionnistes. Il s’installe à Pontoise en 1866 puis à Louveciennes trois ans plus tard. Peignant « sur le motif », il donne La Diligence à Louveciennes (1870) ou La Route de Versailles à Louveciennes (1870). En 1872, il se fixe pour dix ans à Pontoise, travaillant aussi à Auvers-sur-Oise. À cette époque, il a atteint la maîtrise de son art, poursuivant ses recherches impressionnistes ; il participera d’ailleurs à toutes les expositions impressionnistes à partir de 1874.

Il s’intéresse particulièrement aux aspects changeants des sols et de la nature, dans une riche gamme de bruns, de verts et de rouges. Ses œuvres se caractérisent aussi par une composition équilibrée, le souci des formes et une exécution très ferme, qui influenceront durablement Cézanne, avec lequel il travaille en plein air. Car non content d’exercer son art, Pissarro, d’une grande générosité, prodigue des conseils à nombre de ses amis, dont Mary Cassatt ou Gauguin. À la tête d’une famille nombreuse, il se débat pourtant lui-même dans de graves difficultés matérielles. Ce n’est qu’à partir de 1884, alors que le marchand d’art Durand-Ruel lui a consacré une exposition qui a rencontré du succès, que Pissarro peut s’acheter une maison à Eragny. Suivant de près l’éclosion des techniques nouvelles, il fait la connaissance de Signac et de Seurat, et son art évolue alors vers le pointillisme : Femme dans un clos (1887), l’Ile Lacroix à Rouen. Effet de brouillard (1888).

En 1890, il abandonne le pointillisme et reprend le style impressionniste, enrichi de cette nouvelle expérience. C’est l’époque de superbes séries, réalisées au cours de séjours à Paris, Dieppe, Rouen ou Le Havre. Pissarro s’efforce de varier les points de vue depuis la chambre d’hôtel où il s’installe et donne des toiles où se déploient de subtiles gammes de couleur. Il meurt en novembre 1903, laissant une œuvre abondante et une correspondance passionnante.


© DEA / G. DAGLI ORTI
Camille Pissarro, Femme dans un clos.