Le cubisme

A partir de 1907, un mouvement artistique entreprend de traiter la nature par des figures telles que le cube, la pyramide, le rectangle ou le cercle. Le critique d’art Louis Vauxcelles parlera à l’égard de ces toiles révolutionnaires de « bizarreries cubistes », nom qui sera par la suite donné aux peintres.
Pablo Picasso, sous l’influence des formes géométriques de Paul Cézanne et de l’art négro-africain, ouvre la voie de cette nouvelle peinture avec Les Demoiselles d’Avignon (1906-1907). Il détruit les systèmes classiques de représentation (perspective, nuances et modelés) et réinterprète librement la nature.
Les cubistes adoptent plusieurs angles de vue pour la figuration d’un même objet, qui est disséqué en multiples facettes dispersées à plat sur la toile pour en recouvrir toute la surface. La forme prédomine sur la couleur, la composition est privilégiée, et les teintes sont sourdes, limitées à des ocres, des bleus, des verts. Le Portrait de Kahnweiler (1910), de Picasso, dans lequel l’effigie implose en petites facettes, ou Nature morte à la bouteille (1911), de Georges Braque, où l’objet est déconstruit en prismes et arêtes vives, sont des oeuvres représentatives de la première  période, appelée cubisme analytique.
En 1911, les peintres introduisent dans leurs œuvres des chiffres ou des lettres au pochoir. L’année suivante, ils expérimentent pour la première fois la technique du collage : ils fixent sur la toile de nouveaux matériaux : papiers peints, tissus, faux bois. Le peintre espagnol Juan Gris y ajoute, lui, des morceaux de miroir. Cette invention du collage ouvre la voie à la seconde période, dite cubisme synthétique. Ce sont les oppositions entre les différentes sortes de matériaux qui dessinent l’objet que veut représenter l’artiste. Le Violon (1913-1914), de Georges Braque, est figuré par les fragments collés de journaux, tout comme Nature morte à la fenêtre ouverte (1915), de Juan Gris, mélange de peinture et de collages.
Après la Première Guerre mondiale, chacun des créateurs du cubisme reprend sa liberté par rapport à celui-ci.